Régime cétogène, bonne idée ?


La diète cétogène (ou régime cétogène) consiste à éliminer drastiquement la proportion de glucides dans son alimentation.


Actuellement, les apports caloriques dans notre alimentation proviennent environ à 50% des glucides, à 35% des graisses et à 15% des protéines.


Le régime cétogène, lui, propose de réduire presque totalement l’apport de glucides, pour augmenter et favoriser les graisses comme apport calorique principal.


Les effets de cette diète se rapprochent du jeûne, en coupant l’organisme de sa source première habituelle d’énergie. Le taux de sucre sanguin diminue alors drastiquement, pour atteindre un état proche de l’hypoglycémie. Après une période moyenne de trois jours, le corps atteint l’état de cétose. Vous trouverez ici cet exemple dans un suivi de jeûne hydrique.

Le corps n’ayant plus assez de glucides, mais devant subvenir à ses besoins, il va puiser dans les tissus graisseux plutôt que dans ses réserves de sucre, qui représentent alors un stock d’énergie jusque-là sous-exploité.


Le foie transformera ces graisses en différents éléments, dont les corps cétoniques (qui donneront le nom à ce régime), via la cétogénèse. Les corps cétoniques sont trois métabolites différents :

- l'acétylacétate,

- le β-D-hydroxybutyrate et

- l'acétone (dès fois cette acétone peut se sentir dans l’haleine - odeur de pomme).


Les muscles vont utiliser directement l’énergie des graisses via la lipolyse, alors que le cerveau qui n’est pas capable de ça, va lui se nourrir des corps cétoniques pour subvenir à ses besoins énergétiques.

Régime cétogène et santé

Ce régime particulier est utilisé depuis presque 100 ans pour traiter les enfants épileptiques, son efficacité à soigner cette pathologie ayant été démontrée (François, 2003 ; Bodenant, 2008). Il a permis de réduire ou faire disparaître les symptômes liés à la maladie lorsque la diète a pu être suivie correctement. Cette pratique alimentaire à but thérapeutique a été découverte en 1921 par le Dr Russell Wilder, souhaitant imiter les effets du jeûne (production de corps cétoniques) sans perte massive de masse musculaire. Un regain d’intérêt pour cette méthode est observé actuellement, suite à de nouvelles recherches qui ont pu montrer son efficacité sur d’autres pathologies.


Plusieurs maladies neurologiques comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson peuvent donc voir leurs symptômes diminuer grâce à cette diète, mais également le diabète et le cancer (Steven, 2015). Ce régime permettrait en effet de faire disparaître le diabète, aussi bien pour le type deux que le type un, en activant des gènes régulant la croissance des cellules bêtas des îlots de langerhans, responsables de la production d’insuline dans le pancréas (Goday, 2016).

Les cellules cancéreuses, se nourrissant des sucres, ne seraient quant-à-elles pas capables d’utiliser les corps cétoniques (Abdelwahab, 2012). Il y a donc un véritable intérêt de certains chercheurs pour cette méthode qui augmenterait l’efficacité des traitements classiques. Des variantes de ce régime permettent également une perte de poids efficace quand il est suivi de manière contrôlée, en augmentant la proportion de protéine.

Limites et danger de la diète cétogène (régime cétogène) Il existe cependant des limites à cette alimentation restrictive. Le problème majeur est qu’une cétose saine, ou « naturelle » - moins de 9mmol/l de cétones -, lors d’une simple restriction de glucide, peut évoluer en un état d’acidose métabolique – cétones à plus de 15mmol/l – , notamment chez les diabétiques de type 1, pouvant provoquer des insuffisances rénales ou des œdèmes cérébraux (Zhuang, 2014 ; Morris, 2008).


Cet état de cétose demande une augmentation des apports en eau et en minéraux, tels que le calcium, le potassium ou le magnésium. Un tel régime doit être bien suivit et complémenté au niveau de l’alimentation, afin de ne pas conduire le patient à l’acidose métabolique et ainsi contrôler ses risques et effets néfastes (Cox, 2014).


Il est également possible de contrôler soi-même son état de cétose à l’aide de bandelette urinaire. Les effets secondaires suivant le début d’une diète cétogène sont nombreux et peuvent être une soif intense, des nausées, douleurs abdominales, des céphalées ou encore une haleine particulière à l’odeur de pomme (Wibisono, 2015). La pratique de cette diète pourrait également induire une stéatose hépatique – présence de triglycérides dans le foie (Kosinski, 2017).


Le suivi par un nutritionniste par rapport aux apports alimentaire et à l’observation des différents symptômes est alors recommandé. Malgré les effets positifs de cette diète cités auparavant, les effets secondaires ne sont pas négligeables, et l’adhérence stricte à ce régime peut être compliquée sur le long terme, d’un point de vue pratique (Kosinski, 2017).


Conclusion

La pratique du régime cétogène est intéressante que cela soit en termes de santé ou de performance. En imitant les effets du jeûne, cette diète oblige le corps à fonctionner principalement en utilisant ses graisses, ainsi que les corps cétoniques qui sont produits suite à leur dégradation. Après avoir démontré son efficacité sur l’épilepsie, de plus en plus d’études montrent ses effets positifs sur des maladies métaboliques comme le diabète ou l’obésité. Cependant, il est compliqué et délicat de suivre une telle diète de façon autonome et prolongée, comme je l'ai exposé précédemment.

C'est dans ce sens que selon l'état de santé de la personne, je conseille davantage de réaliser un jeûne hydrique pour activer la cétose, méthode plus rapide, très efficace, qui limite le risque de stéatose hépatique. Pour des personnes ne pouvant réaliser un jeûne hydrique de part une contre-indication médicale, comme à l'exemple d'un diabète de type 1 (insulinodépendant), cette diète cétogène est indiqué. Donc toujours voir cas pas cas, et les conseils et le suivi régulier d’un nutritionniste ou d’un médecin sont alors recommandés.


Références

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Simopoulos, A. P. (2002). The importance of the ratio of omega-6/omega-3 essential fatty acids. Biomedicine & pharmacotherapy, 56(8), 365-379.


Mozaffarian, D., Katan, M. B., Ascherio, A., Stampfer, M. J., & Willett, W. C. (2006). Trans fatty acids and cardiovascular disease. New England Journal of Medicine, 354(15), 1601-1613.

Bodenant, M., Moreau, C., Sejourne, C., Auvin, S., Delval, A., Cuisset, J. M., ... & Defebvre, L. (2008). Intérêt du régime cétogène dans le traitement d’un état de mal épileptique résistant de l’adulte. revue neurologique, 164(2), 194-199.


François, L. L., Manel, V., Rousselle, C., & David, M. (2003). Le régime cétogène à visée anti-épileptique: son utilisation chez 29 enfants épileptiques. Archives de pédiatrie, 10(4), 300-306.


Steven S, Taylor R. : Restoring normoglycaemia by use of a very low calorie diet in long- and short-duration Type 2 diabetes. Diabet Med. 2015 Sep;32(9):1149-55. doi: 10.1111/dme.12722.


Goday, A., Bellido, D., Sajoux, I., Crujeiras, A. B., Burguera, B., García-Luna, P. P., ... & Casanueva, F. F. (2016). Short-term safety, tolerability and efficacy of a very low-calorie-ketogenic diet interventional weight loss program versus hypocaloric diet in patients with type 2 diabetes mellitus. Nutrition & diabetes, 6(9), e230.


Abdelwahab, M. G., Fenton, K. E., Preul, M. C., Rho, J. M., Lynch, A., Stafford, P., & Scheck, A. C. (2012). The ketogenic diet is an effective adjuvant to radiation therapy for the treatment of malignant glioma. PloS one, 7(5), e36197.


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Wibisono, C., Rowe, N., Beavis, E., Kepreotes, H., Mackie, F. E., Lawson, J. A., & Cardamone, M. (2015). Ten-year singlecenter experience of the ketogenic diet: factors influencing efficacy, tolerability, and compliance. The Journal of pediatrics, 166(4), 1030-1036.


Kosinski, C., & Jornayvaz, F. R. (2017). Ketogenic diets: the miraculous solution?. Revue medicale suisse, 13(565), 1145.

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